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PLU Chamonix 2025 : fin des résidences secondaires et réinvention de l’immobilier en montagne

· Par Frerault Expertises

PLU Chamonix 2025 : fin des résidences secondaires et réinvention de l’immobilier en montagne

En mars 2025, la commune de Chamonix-Mont-Blanc a franchi un cap majeur en adoptant un nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU). Cette réforme, rendue possible par la loi Le Meur (novembre 2024), vise à interdire la construction de nouvelles résidences secondaires sur la quasi-totalité du territoire. L’objectif : lutter contre la spéculation foncière, répondre à la crise du logement local et encourager un urbanisme durable en milieu montagnard.

01Une réponse structurelle à la tension immobilière

Avec plus de 70 % de son parc immobilier en résidences secondaires, Chamonix souffre d’une pénurie critique de logements pour ses 9 000 habitants permanents. Face à cette pression, la municipalité prévoit la création ou reconversion de 1 000 logements destinés à l’habitat permanent d’ici 2035. Ce virage réglementaire marque une rupture avec la dynamique de patrimonialisation touristique.

02Les dispositions phare du nouveau PLU

Blocage des résidences secondaires

Le PLU interdit désormais la construction de résidences secondaires sur 87,5 % des zones constructibles. Cette mesure de régulation foncière vise à préserver le foncier disponible pour des projets d’habitat principal.

Encadrement des projets touristiques et hôteliers

Les nouveaux établissements touristiques de grande envergure sont prohibés. Seuls les hôtels existants sont autorisés à s’agrandir, et uniquement à condition d’héberger des travailleurs saisonniers. Depuis le 1er mai 2025, un dispositif de changement d’usage est instauré : tout logement mis en location en meublé touristique doit être préalablement enregistré et autorisé en mairie, et chaque propriétaire ne peut détenir qu’un seul bien à vocation touristique.

03Un modèle équilibré

Le PLU impose une mixité sociale de 50 % dans les nouvelles zones à urbaniser, et 25 % pour les projets de plus de 200 m², afin de faciliter l’accès au logement pour les actifs, jeunes ménages ou employés municipaux. Conformément à la loi Climat et Résilience, 90 hectares de zones à urbaniser ont été reclassés en zones agricoles et 50 hectares en espaces naturels protégés.

04Un signal fort pour les investisseurs

Ce nouveau cadre impacte directement les stratégies des investisseurs institutionnels, family offices, établissements bancaires, conseils patrimoniaux et professionnels du droit immobilier. La raréfaction des opportunités en résidences secondaires implique une recomposition des portefeuilles, avec une réorientation vers des projets à impact social et environnemental positif.

En parallèle, depuis 2023, une majoration de 50 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires alimente un fonds foncier communal (2,5 à 3 millions d’euros par an) destiné à favoriser l’accès au logement des agents publics.

05Un nouveau modèle d’urbanisme de montagne

Le PLU 2025 de Chamonix marque une rupture stratégique dans la gouvernance immobilière des stations. En limitant les résidences secondaires et en encourageant la mixité, la commune veut préserver son identité locale et répondre aux exigences de développement durable. Pour les professionnels de l’immobilier, les projets à forte valeur d’usage sociale et environnementale deviendront des leviers incontournables dans un marché alpin en pleine mutation.

L’objectif : lutter contre la spéculation foncière, répondre à la crise du logement local et encourager un urbanisme durable en milieu montagnard.

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